La CFDT a regretté que le Président Janaillac n’ait pas jugé utile de venir défendre son projet devant les élus de la session. Cette absence illustre s’il en était besoin le parti pris de la Direction de ne discuter de Boost qu’avec les syndicats de pilotes. Dont acte !
La CFDT a rappelé sa position sur le projet Boost :

La CFDT l’a souvent dit, le statu quo dans lequel s’enlise notre Compagnie depuis plusieurs années est mortifère. Pendant ce temps, nos concurrents (LH, IAG) ne dorment pas!

Nous avions rejeté le plan d’attrition en 2015, l’annonce du projet Boost, en tant que projet de croissance pour le groupe marquait donc un tournant positif.
Cette dynamique retrouvée, même imparfaite, est attendue par les salariés d’abord, mais aussi par les investisseurs.

Sur le plan Marketing, nous pensons que cette nouvelle compagnie, et sa nouvelle marque, même si nous n’en connaissons pas le nom, sont de nature à cibler des segments de clients que la marque Air France n’attire pas. C’est un pari !

Cette nouvelle marque, en prenant les codes actuels et en ciblant notamment les millenials,  complèterait avec pertinence l’offre du groupe à côté d’air France qui a une image plus luxueuse, plus chère, plus traditionnelle. In fine,  l’ambition est de fidéliser ces nouveaux clients au bénéfice de toutes les marques du groupe AF.

Nous espérons que l’équipe projet a su intégrer des jeunes talents, millenials eux-mêmes, audacieux, inventifs et maitrisant ces nouveaux codes comportementaux et sociétaux.

Un positionnement marketing réussi et qui « fait le buzz » est une des clés de la réussite.

Qui sont les millenials ?

Digital native, génération Y, les 15-34 ans sont près de 16 millions en France.

Hyper connectés, adeptes des fonctionnements collaboratifs, en réseau.

Cette génération plébiscite aussi l’esprit aventureux, les voyages.

Les millenials sont également présentés comme sensibles  aux démarches éthiques.

Nous espérons également que le choix des lignes opérées par la nouvelle compagnie sera guidé d’abord par les critères de potentiel commercial et d’adéquation avec la clientèle ciblée.

Concernant la mise en œuvre du projet, incluant les discussions autour du volet social, la CFDT avait de nouveau demandé l’ouverture de négociations intercatégorielles. Mais il est vrai qu’elle était un peu seule… 

Cette demande a été balayée d’un revers de main par la Direction, qui a choisi de renouer avec les bonnes vieilles habitudes de l’Entreprise, à savoir la négociation exclusive avec les syndicats de pilotes.

Il n’y a aucune justification morale, juridique ou politique à réserver le privilège de négocier la stratégie et l’avenir d’une entreprise, et de tous ses personnels, à une seule catégorie de salariés, en l’occurrence les pilotes, et au profit d’abord de celle-ci.

La CFDT a pris acte des engagements de la direction d’assurer le traitement sol (escales, commercial, supports, maintenance, cargo) par les salariés Air France, engagements qu’elle entend bien voir scrupuleusement respectés. 

La CFDT pensait que sur le volet PNC, des négociations étaient souhaitables, voire utiles. On aurait pu réfléchir par exemple à un parcours PNC groupe, ou des passerelles au volontariat… Là encore, fin de non-recevoir de la Direction.

Après d’interminables négociations avec les syndicats de pilotes, le projet d’accord Boost est finalement mis à signature.

En matière d’espérance de recettes, la Direction affiche une ambition de + 19M€ par la suppression des toilettes privatives des pilotes permettant d’augmenter le nombre de sièges (2 sièges business de plus sur l’A340, 2 sièges business + 4 sièges éco sur l’A350). C’est un des points clés de l’accord en termes d’amélioration de l’efficacité économique.

 

Concernant l’équilibre entre AF et KLM, les pilotes ont obtenu un dispositif présenté comme  « de rattrapage » de l’accord quadripartite « production balance ».

Ce chapitre de l’accord prévoit un rééquilibrage de croissance d’AF comparée à celle de KLM.

Personne n’a voulu expliquer aux élus comment

cette croissance d’Air France serait financée ou comment KLM se laisserait persuader de réduire la sienne.

Mais pas de panique ! L’accord Boost prévoit qu’en cas de non-respect de ces nouveaux indicateurs, les pilotes percevront une indemnité, calculée en pourcentage de la masse salariale brute PNT.

 

Qu’est que l’accord « Production balance »

C’est l’accord quadripartite signé au moment de la fusion AFKL par les directions des 2 Cies et les 2 principaux syndicats de pilotes d’AF (SNPL) et KLM (VNV). Il définit l’équilibre en Long Courrier entre les deux compagnies.

Il comporte 2 critères exprimés en heure de vol (HDV) et en SKO.

Depuis 2 ans, les pilotes pointent, non sans raison, le non-respect de cet accord, notamment en SKO,  KLM ayant eu une croissance supérieure à Air France.

La CFDT reste favorable à l’ambition initiale de Boost. Pour autant nous avons de sérieuses réserves sur le processus des négociations et sur l’efficacité économique finale du projet.

Mais l’accord ayant d’ores et déjà organisé la répartition des quelques bénéfices attendus au profit principal d’une catégorie de salariés, la CFDT a finalement décidé d’exprimer son exaspération en votant contre ce projet.

Certes ce vote est symbolique, la Direction nous cantonne dans le rôle de spectateurs, et il n’empêche nullement la création de la nouvelle compagnie. Dans une négociation, ce qui compte in fine, c’est la signature ou pas de l’accord.