Roissy le 5 février 2021

 Recapitalisation d’Air France : Les dangereuses exigences de la Commission Européenne  

C’est sans surprise, mais avec une grande inquiétude pour l’avenir du Groupe Air France et de ses salariés, que la CFDT Groupe Air France a pris connaissance par voie de presse de certaines contreparties que la Commission Européenne souhaite imposer en échange de la recapitalisation d’Air France.   

L’activité du transport aérien est quasiment réduite à néant par la crise sanitaire Covid-19 et les travailleurs des compagnies aériennes, et plus largement de tout le secteur du transport aérien, sont victimes partout en Europe de licenciements massifs.

Alors que la crise sanitaire a fait prendre conscience aux Etats des pays membres qu’ils devaient réinvestir pleinement leurs rôles de régulateurs du transport aérien, que dès le printemps 2020, les États français et néerlandais ont soutenu le groupe Air France-KLM, la Commission Européenne demande à Air France de rendre autant de créneaux sur Orly que Lufthansa sur Munich et Francfort réunis. Elle ne tient compte, ni de la taille respective de ces aéroports, ni des parts de marché des compagnies visées et ne fixe, à ce stade, aucune condition de reprise des créneaux qui seraient cédés.   

Exiger la restitution de créneaux sur Orly, c’est prendre le risque d’offrir le marché français à des compagnies du Golfe qui jouissent en permanence de subventions déguisées leur permettant de maintenir artificiellement leurs modèles économiques, mais aussi de permettre à des compagnies Low-cost, utilisant le dumping fiscal et social, de cannibaliser le Groupe Air France.

Le Groupe Air France s’est conformé aux contraintes environnementales demandées par l’Etat français en échange de son soutien et a abandonné toutes ses lignes domestiques sur Orly dont la destination pouvait être effectuée en moins de 2h30 par le train. L’engagement du Ministre des transports français à ce que cette mesure soit étendue à toutes les compagnies sera-t-il lui aussi remis en cause par la Commission Européenne ?

La CFDT Groupe Air France condamne cette mesure basée sur une libre concurrence qui n’intègre pas la responsabilité sociale et sociétale des entreprises. Le modèle Low-cost ne peut, à lui seul, expliquer les tarifs pratiqués par certains opérateurs.

La CFDT Groupe Air France rappelle que cette crise impact en premier lieu les salariés en termes d’emplois, de rémunérations, de conditions de travail et de risques psychosociaux.

Alors que le transport aérien reste très dépendant des décisions politiques liées à la situation sanitaire, la commission européenne continue d’appliquer sans discernement le dogme de la libre concurrence. Elle serait au contraire fondée à ouvrir des perspectives d’avenir, et soutenir les compagnies aériennes européennes respectueuses des règles sociales et sociétales.  

 

Contact Presse : Christophe Dewatine

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